Les témoignages

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Pourquoi j’ai décroché Macron ?
Pourquoi j’étais dans l’équipe qui a décroché plusieurs portraits présidentiels le 28 mai 2019 sur le Bassin d’Arcachon ?
Ça fait plusieurs années que je suis sensibilisé à l’évolution du climat qui va vers un dérèglement incontrôlable. Au départ, j’ai pris ça comme une information, certes alarmante mais que pouvais-je faire ?
Puis, suivant l’exemple et les propositions de certaines associations, Colibris par exemple, j’ai pensé que si chacun fait sa part, le changement personnel peut conduire à une transformation de la société.
J’ai donc changé de banque pour arrêter de contribuer au financement d’entreprises polluantes et à l’évasion fiscale. J’ai choisi un fournisseur d’électricité qui travaille avec des énergies renouvelables.
J’ai limité ma consommation de viande et j’ai privilégié une nourriture bio, locale et de saison.
En ville, je ne me déplace plus qu’à vélo ou en transports en commun. J’ai arrêté le diesel et je suis passé au GPL pour mes trajets en voiture. Je suis inscrit sur un site de co-voiturage. Je trie mes déchets… Bien sûr, je ne prétends pas être un modèle de ce qu’il faudrait faire, mais j’essaie honnêtement d’aller vers un mode de vie plus éco-responsable. Mais même si chacun fait ce genre de démarche, cela ne suffira pas à rendre notre planète habitable à la fin de ce siècle et ça pourra même encourager le système responsable du dérèglement climatique, je veux dire le capitalisme, à perdurer en s’adaptant à ces nouveaux comportements «écolos».
Selon le cabinet d’étude Carbone 4 spécialisé dans la stratégie bas carbone, ces initiatives individuelles représentent environ le quart des efforts nécessaires pour se maintenir dans la trajectoire assignée par les accords de Paris sur le climat (la COP 21), le reste étant du ressort des
entreprises et de l’Etat. Une centaine d’entreprises, et en particulier 25 multinationales productrices d’énergies fossiles, est responsable de 71% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde depuis 1988 (Carbone Disclosure Project).
D’autre part, si tous les états respectaient leurs engagements pris lors de la COP 21, ce qui est loin d’être le cas, cela mènerait, à la fin du siècle, à un réchauffement de 3 à 4°C (par rapport au début de l’ère industrielle). Le dernier rapport du CNRS-CEA-MétéoFrance, prévoit un réchauffement de 6 à 7°C si on ne change rien à notre mode de vie actuel, ce qui laisse peu de chances de survie à l’humanité. Les scientifiques nous disent que pour espérer un monde vivable, il ne faudrait pas dépasser 1,5°C ou au pire 2°C.
Mais même avec ce niveau de température, les événements climatiques que nous considérons aujourd’hui comme extrêmes vont devenir la norme : canicules, incendies, inondations, tempêtes…
Le niveau des mers va continuer d’augmenter, la désertification de s’étendre et la biodiversité de chuter.
Ce sont les pays du sud et les populations les plus vulnérables qui vont être particulièrement touchés, ce qui va entrainer des flux migratoires importants, immigration déjà très mal tolérée par les pays du nord. Ce ne sera pas en cherchant à opposer les pauvres d’ici aux pauvres de là-bas ou en taxant un peu plus ceux qui n’ont déjà pas grand chose qu’on améliorera la situation.
Sachant cela, j’ai commencé à participer à des manifestations, des marches pour le climat, censées à la fois alerter la population et demander l’intervention de nos dirigeants, en espérant qu’à plusieurs milliers de personnes on serait plus écouté qu’en « faisant sa part » dans son coin. Puis, comme 2 300 000 personnes, j’ai soutenu le recours de l’Affaire du Siècle. Il s’agit de quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France qui ont «décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice
pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits».
Mais rien de tout cela n’aboutit à des résolutions concrètes pour au moins respecter les engagements de la COP 21. Tout en soignant sa communication autour d’un discours écologique, le gouvernement montre dans les faits ce qu’il a affirmé depuis le début : il n’y aura pas de changement de cap dans la politique climatique.
Alors que faire, en sachant qu’il reste très peu de temps pour agir ? Lorsqu’une politique est à ce point contraire à l’intérêt général et lorsqu’actions et recours légaux ne donnent rien, il reste la désobéissance civile. C’est pourquoi je me suis engagé dans ce mouvement citoyen qu’est ANV COP 21 : une soixantaine de groupes d’action non-violente répartis dans tout l’hexagone qui se sont donnés pour mission d’interpeller nos dirigeants et d’alerter l’opinion publique sur l’urgence climatique. C’est dans ce cadre que j’ai participé aux décrochages du portrait d’Emmanuel Macron dans les mairies du Bassin d’Arcachon.
Le symbole du mur vide à la place du portrait présidentiel veut mettre en évidence cette absence de réelle politique climatique et sociale du gouvernement.
Apparemment nous avons touché un point sensible puisque, comme nombre d’autres militants, nous comparaissons devant un tribunal. Mais il est évident que pour nous, ce n’est pas du « vol » car personne n’en tire de profit personnel. C’est une réquisition citoyenne, ce qui est clairement expliqué au personnel des mairies lors des actions. Cela veut dire que si le gouvernement prend un jour de véritables mesures pour lutter contre le dérèglement climatique, sans faire l’impasse sur la justice sociale, les images de notre président seront remises à leur place.
En attendant, nous en prenons soin et elles sont régulièrement sorties lors de manifestations pour rappeler la nécessité d’un changement radical de politique.

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Vendredi 8 novembre 2019, un étudiant de 22 ans s’est immolé par le feu à Lyon. Brûlé à 90%, il est entre la vie et la mort. Sur les réseaux sociaux, la lettre qu’il a laissé avant de passer à l’acte est publiée: « J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes ».
Je ne souhaite pas récupérer ce drame humain de quelconque manière. Je ne connaissais pas ce jeune homme et j’ignore tout des problèmes auxquels il était confronté. Mais comme je me sens solidaire.

Comment mieux illustrer que par ce terrible témoignage l’état d’angoisse qui caractérise ma jeune génération ? Malaise psychique et physique quasi permanent ; sentiment de l’imminence d’un danger qui plane sur les temps à venir. Je ne connaissais pas ce garçon, mais je me sens habitée par la même inquiétude métaphysique née de la simple réflexion sur nos existences.

L’incertitude de nos avenirs… Ces mots sont d’une justesse effroyable. Vertigineuse.
Je regarde à nouveau le discours du 23 septembre de Greta à l’ONU. Je n’écoute plus les mots qu’elle a prononcé. Je les ai déjà entendu tant de fois dans les médias. Je regarde seulement les larmes qui coulent, les traits crispés qui abiment son visage juvénile. C’est cette même incertitude sur nos avenirs qui lui a fait perdre sa candeur. Pour être plus juste, je dirai plutôt que c’est même une certaine certitude de la noirceur dont seront faits nos futurs.
Ma génération est anxieuse, lui reproche-t-on ? Certes, mais comment pourrait-elle ne pas l’être ?

Je m’appelle Juliette, j’ai 27 ans, je suis jeune médecin généraliste et je suis poursuivie pour Vol en réunion et avec ruse pour avoir décroché le portrait du Président de la République Emmanuel Macron. Mon procès aura lieu le 13 décembre au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux.

J’assume et revendique avoir transformé cette peur en énergie pour passer à l’action. En 2018, je rejoins le collectif ANV Action non-violente COP21 qui lutte contre les responsables du dérèglement climatique car je suis poussée par une injonction à agir. Ne rien faire alors que la maison continue de brûler me semble impensable. Je ne supporte plus la schizophrénie de ce monde ; réel état dissociatif avec d’un côté la connaissance aigüe et pointue de la gravité de la situation et de l’autre côté toutes les décisions qui sont prises à contre sens.
Exercer mon métier, soigner les gens, prolonger leur vie dans un monde encore plus malade qu’eux et vers un avenir qu’on nous décrit apocalyptique me semble vide de sens…

J’ai décroché et réquisitionné ce portrait – que je rendrai une fois les mesures pour respecter les Accords de Paris mises en place – pour signifier au gouvernement que nous ne sommes pas dupes. Je les pense responsables du mal-être dans lequel nous sommes par les décisions qu’ils prennent quotidiennement et en connaissance de cause. Ce n’est pas une erreur, ce n’est pas un malentendu, ce n’est pas de l’inaction : ce sont des politiques délibérément climaticides et anti-sociales froidement orchestrées. A l’heure où nous devons opérer un changement drastique de nos modes de vie et diminuer nos émissions de gaz à effets de serre, l’Etat préfère utiliser son énergie à traduire en justice des militant.es écologistes. Ce procès ne devrait pas être le mien, mais celui de celles et ceux qui ratifient le CETA, qui songent à ratifier le MERCOSUR. Ceux qui parlent encore de projets de mine d’or, de bio-raffineries d’huile de palme qui déforesteront le poumon de la planète. Ceux qui privatisent ADP et la FDJ ; ceux qui saccagent notre système de santé.
Mais j’ai également décroché ce portrait pour leur montrer que si nous sommes pétris d’angoisses, certes, notre ferveur et notre détermination à vivre heureux.ses et dignes dans un monde meilleur n’a jamais été aussi grande. Ce n’est pas que je crois que l’on puisse encore éviter le réchauffement climatique, mais je reste convaincue que continuer à se battre chaque jour qui passe permettra d’éviter chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire qui sont les pierres nécessaires à la construction de cet avenir meilleur.

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Je m’appelle Céline et le 13 décembre je passe en procès pour avoir participé à une action de désobéissance civile avec l’association ANVCOP21. En effet, le 28 mai, avec une quinzaine d’activistes, nous avons décroché 5 portraits présidentiels dans les mairies du bassin d’Arcachon.

Cette action, symbolique et non violente, fait sens pour moi car elle a pour objectif d’interpeller Emmanuel Macron et son gouvernement sur leur gestion de la crise climatique et sociale que nous traversons.
Elle s’inscrit dans un contexte de soulèvement du peuple français face à la politique menée par le président qui fait que nous occupons la rue toutes les semaines depuis 1 an dans le but de faire entendre nos revendications.

Face au mépris des concerné.e.s suite à ces manifestations, au non respect des engagements souscrits lors des accords de Paris, à leur silence désemparant suite à l’affaire du siècle qui a réuni plus de 2 millions de signataires, nous n’avons d’autres solutions que d’utiliser d’autres moyens, méthodes pour nous faire entendre et exiger du gouvernement qu’il prenne des mesures concrètes pour répondre aux enjeux climatiques et sociaux.

C’est en ça que la désobéissance civile m’est apparue, il y a un an, comme un moyen d’agir qui me correspondait. L’ampleur écrasante et incomparable de la situation, l’hypocrisie et le déni de nos représentant.e.s politiques vis à vis des citoyen.ne.s et du reste du monde ainsi que la contradiction folle des paroles et des actes me sont devenus insoutenables. Les scientifiques, sociologues, nous alertent depuis plus de 60 ans sur les conséquences de notre surproduction, surconsommation, de l’utilisation frénétique et déraisonnée de l’énergie et de la destruction des droits sociaux. Comment lutter face à un système qui s’octroie le droit d’accumuler des ressources finies de manière illimitée quelques soient les conséquences de cette accumulation ? Comment lutter face à des représentant.e.s toujours plus autoritaires prenant des mesures liberticides et climaticides ?

Nous avons pu entendre Emmanuel Macron, en son nom et celui de son gouvernement, se piquer de défendre la biodiversité et être conscient des enjeux climatiques quand toute sa politique devrait être remise en cause s’il entendait les alertes des nombreux rapports scientifiques.
Nous avons donc parallèlement de « beaux » discours, Emmanuel Macron employant dans une de ces élocutions la notion d’écocide, quand, dans le même temps, la France multiplie son importation d’huile de palme pour la raffinerie Total et ses agrocarburants, autorise la déforestation en Guyane pour le projet montagne d’or, envisage de signer le Mercosur …. la liste est longue malheureusement.

Lorsque les citoyen.ne.s se mobilisent contre ces projets, en manifestant ou par de l’action directe, ils/elles sont sujet.e.s à une répression disproportionnée et autoritaire telles que l’interdiction de manifester, des arrestations préventives, des amandes, des mises en garde à vue allant jusqu’à la violation de leur intégrité physique …

La France vend l’idée d’un pays démocratique conscientisé, où le peuple aurait le pouvoir. C’est donc notre devoir de citoyen.ne.s de nous lever face à un système destructeur, meurtrier, en dérive et qui nous menace tou.te.s.

Aujourd’hui chaque décision compte, il est primordial d’être à la hauteur de l’enjeu climatique pour limiter les conséquences qui pèsent sur nous tou.te.s. Voilà pourquoi je lutte, car je ne peux pas accepter de laisser quelqu’un d’autre déterminer mon avenir, car je ne peux pas me résigner à un futur chaotique, car j’ai peur et cette peur m’anime et me donne envie d’agir.

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Je ne suis pas une personne qui aime enfreindre les règles. Je pense qu’elles sont importantes pour vivre en société. Faire de la désobéissance civile n’est pas naturel pour moi.
Mais pourquoi avoir décroché des portraits de Macron ?
J’ai décidé de dépasser mes limites car nous n’avons plus le temps de rester sans rien faire. Après avoir pris conscience de la catastrophe écologique en cours, je n’ai pu qu’observer l’indifférence et l’inaction de nos représentants politiques à coup de discours mensongers et de greenwashing.
J’en suis indignée car ceux à qui l’ont confit notre part de souveraineté ont pour mission d’assurer notre sécurité, de protéger la vie. Peu importe leurs raisons (lobbying, peu de marge de manoeuvre, mesures impopulaires..), ils n’ont pas le droit de fermer les yeux et de ne rien faire pour atténuer la crise environnementale même si on ne pourra empêcher ses conséquences.
Même si à l’échelle citoyenne, nous pouvons tout faire pour réduire notre empreinte écologique, les actes individuels ne suffisent pas. Ils ne règlent que 25% du problème. Nous avons besoins de mesures législatives contraignantes envers les plus gros pollueurs.
Sinon, comment avoir confiance en l’avenir alors que l’on est dans un pays qui nous regarde sombrer ? J’ai peur pour ma petite soeur qui lorsqu’elle arrivera dans la vie active devra subir des conséquences graves du changement climatique. Je ne veux pas d’enfants si c’est pour l’élever au coeur d’un combat pour survivre. Et au-delà, j’ai peur pour l’ensemble de l’humanité.
Les plus riches vont-ils continuer de monopoliser les ressources qui se raréfient en laissant mourir les plus pauvres ? Est-ce que des dictatures vont naître pour prendre des mesures contraignantes dans un contexte de crise extrême ? Pourrons-nous toujours ralentir le réchauffement climatique ?
Je n’ai pas envie de connaître un tel avenir pour pouvoir répondre à ces questions. C’est pourquoi, mon bulletin de vote ne suffit pas pour alerter les décideurs. Nous n’avons pas le temps. Il faut les interpeller, les pousser à agir coûte que coûte.
Bientôt, le 13 décembre, je subirai une répression disproportionnée mais ce sera l’occasion de nous faire entendre et de continuer d’alerter sur l’urgence dans l’espoir de mettre fin à l’inaction climatique et sociale.

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Beaucoup ont écrit avant moi sur les raisons de décrocher le portrait de Macron … Beaucoup, car nous sommes une soixantaine d’activistes à être trainé.e.s en justice dans toute la France, à être suivis par le bureau de lutte anti-terroriste (non non, vous ne rêvez pas), à avoir été arrêté.e.s, perquisitionné.e.s, mis.es en cellule, agressé.e.s pour certain.e.s. Et si nous, les 8 de Gironde, ne sommes pas les premier.e.s, nous ne serons malheureusement pas les dernier.e.s à devoir nous expliquer devant un tribunal. A une époque où les tribunaux, comme l’hôpital et bien d’autres services publics sont engorgés, que des amies violées attendent des mois pour une audience, que des dossiers de camarades mutilé.e.s par la police sont classés sans suite faute d’enquêtes approfondies, vos impôts vont payer en ce 13 décembre un.e procureur.e et des juges … pour condamner des personnes ayant réquisitionné des photos.
Je m’appelle Thomas, et je suis donc inculpé pour vol en réunion. Je me présenterai devant la justice, aux côtés de celleux qui sont devenu.e.s mes frères et sœurs de lutte : Aurore, Céline, Élisa, Eric, Juliette, Laurent et Maurice. Je dis frères et sœurs, et je pèse cette expression, car c’est peut-être un des éléments qui me donne le plus de force dans cette histoire : nous n’avions pour la plupart pas grand-chose en commun avant ce 28 mai où nous avons décroché ces 5 portraits, si ce n’est une même détermination à changer les choses. Mais l’épreuve que représente un procès crée des liens indestructibles, et ces 7 là, désormais, font partie de ma famille. C’est peut-être ça aussi qui fait garder espoir, ça aussi que le gouvernement n’a pas compris : que l’on gagne ou que l’on perde, que l’on soit libre ou en cellule, les liens construits dans une lutte, personne ne pourra nous les enlever.
Je fais partie de ce qu’on pourrait appeler la « classe moyenne ». Je suis un homme, blanc, français, fonctionnaire d’État, bref, pour être honnête, je ne fais pas partie de celleux qui sont touché.e.s les premier.e.s par les crises écologiques et sociales. Mais ma prise de conscience et ma colère ne sont pas nées de ma situation personnelle. Il y a toujours eu quelque chose en moi qui ne supportait pas l’injustice, qui refusait de comprendre pourquoi « certains naissent dans les choux, d’autres dans la merde », comme le disait IAM. Ne voulant pas simplement laisser ce sentiment infuser en moi et me ronger, je l’ai transformé en actions. Dès le lycée, je me suis impliqué dans des luttes qui me paraissaient justes (CPE, sans-papiers, LRU, retraites, loi travail, etc.), à côté d’engagements associatifs et culturels. Résister et construire, comme les deux faces d’une même pièce qui me faisait avancer dans la vie.
Mais ces gens « nés dans la merde », je les ai vraiment rencontrés à partir de décembre 2018, lors du mouvement des Gilets Jaunes. Cela a constitué un réel tournant dans ma prise de conscience. Je dis décembre, car oui, comme beaucoup d’écolos, j’ai commencé par leur cracher dessus les premières semaines, jouant une question contre une autre, ne comprenant pas tout de suite que ce qui se jouait là était une question bien plus grande. Je me rendais compte que jusque là, j’avais principalement lutté avec des gens qui me ressemblaient : étudiant.e.s, syndicalistes, écolos, etc … Or là, le « peuple », mythifié par la littérature révolutionnaire, tant attendu par les militant.e.s invétéré.e.s, était là, et il a fallu se rencontrer, pour de vrai, et s’enrichir de nos points de vue, de nos vécus. C’est là que je me suis vraiment rendu compte que malgré nos divergences, les luttes des « gens d’en bas » (même si certain.e.s d’entre nous s’en sortent un peu moins mal que d’autres), ne s’opposent pas entre elles. Non, les camarades de Ford ne sont pas anti-écologistes quand iels se demandent juste comment nourrir leurs familles ! Oui, les femmes sont bien les premières victimes de la précarité ! Oui, les migrant.e.s que l’on laisse crever au milieu de la mer sont bien les premières victimes des conséquences du réchauffement climatique ! Mon combat est donc bien écologiste, anticapitaliste, féministe et internationaliste, car il est désormais clair pour moi que dissocier ces éléments n’a pas de sens, et ne permet pas de comprendre que c’est bien le même système qui nous oppresse.
Nous allons être jugé.e.s pour une action de désobéissance civile. Or, nous avons fait cela pour dénoncer la désobéissance du gouvernement. Désobéissance climatique, quand les engagements de la COP21 pris
solennellement devant le monde entier ne sont pas respectés, ou bien encore quand les alertes du GIEC ou du Haut Conseil pour le Climat ne sont pas prises en compte. Désobéissance sociale, quand l’État envoie sa police gazer des familles de migrant.e.s (premières victimes du réchauffement climatique) pour expulser des squats alors que la loi DALO lui interdit toute expulsion sans solution de relogement … Je pose ici seulement quelques exemples qui me marquent et me révulsent, mais la liste est longue …
Alors, pourquoi j’ai fait ça ? Pourquoi j’ai participé à ces décrochages ?
J’ai fait ça parce que je n’en peux plus d’attendre la fin du monde en triant mes poubelles. J’ai fait ça parce que je n’en peux plus de marcher gentiment dans la rue au son de jolis slogans en imaginant les rires de celleux qui nous regardent d’en haut attablé.e.s autour d’un bon homard.
J’ai fait ça car même si je ne suis pas sûr de vouloir d’enfants vu l’état du monde, j’ai encore envie de me battre pour que mes petits frères et sœurs grandissent dans un monde à peu près vivable.
J’ai fait ça pour montrer à d’autres qu’il ne faut plus avoir peur. La peur, aujourd’hui, n’est plus du côté des risques juridiques. La peur, elle doit naître quand on se demande « à quoi ressemblera le monde dans 20 ans si on ne fait rien ? ». Je préfère 100 fois finir en prison avec le sentiment de m’être battu pour une cause juste, que de voir un jour mon logement sous les eaux et de me dire « ah, si on avait agi à temps … ». J’ai fait ça, aussi, à la mémoire et en l’honneur de tou.te.s celleux qui subissent quotidiennement la violence d’État, qu’iels s’appellent Zineb, Antoine ou Amadou, qu’iels soient tué.e.s, mutilé.e.s ou condamné.e.s à vivre à la rue par ce Président que cela semble laisser imperturbable, quand on se retrouve face à face avec son regard si sûr de lui sur ce fameux portrait …
Le 13/12, je me présenterai donc devant le Tribunal de Grande Instance, accompagné de mes frères et sœurs de lutte, et de tou.te.s celleux d’entre vous qui seront là pour nous soutenir et nous donner la force.
Je ne peux affirmer que je serai détendu, car affronter l’appareil répressif d’État n’est jamais une partie de plaisir, mais je peux affirmer que je serai déterminé, car tout ce que je viens d’exposer, additionné de tous vos soutiens, sera beaucoup plus fort dans ma tête que n’importe quelle peine. Nos luttes sont 100 fois plus vastes que leurs tribunaux, et ce que nous avons commencé à construire, iels ne pourront pas l’arrêter avec des amendes et des peines de prison. Le 13/12, nous serons 8 à la barre, mais des millions en réalité, dont certain.e.s ont déjà payé bien plus cher que ce que nous risquons. C’est toutes ces voix que nous voulons faire entendre, afin de faire de ce procès non pas le nôtre, mais celui de la politique mortifère, anti-écologique et anti-sociale de ce gouvernement.

«Celui qui se bat peut perdre, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu !»
Bertolt Brecht

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Je m’appelle Laurent j’ai 49 ans, j’ai 2 jeunes enfants.
Je suis indigné depuis longtemps, indigné par l’injustice et la destruction systématique de la nature et de la vie. Mon indignation consistait essentiellement à participer à des manifestations, voter tout les 5 ans, discuter à la machine à café et effectuer de nombreux clics sur Facebook…
L’indignation ne suffit pas.
J’ai essayé de me mettre en cohérence le plus possible avec mes convictions en modifiant mon mode de vie, j’ai changé de métier, modifié ma consommation, arrêté la viande, l’avion, moins d’auto, plus du vélo, le compost et tutti quanti. Tout cela étant vécu, non pas comme un renoncement ou un sacrifice, mais bien comme un début d’émancipation, un gain d’autonomie.
Les petits gestes éco-citoyens, colibri, brocoli, bricolo ne suffisent pas.

J’ai pris conscience que la catastrophe est en marche, qu’elle a même commencée il y a longtemps pour certains et que chaque mois qui passe sans changements drastiques nous mène dans une situation irréversible. Les conditions de vie sur terre sont en danger, dit ainsi cela semble énorme, littéralement incroyable, régulièrement de m’interroge et me demande ne suis-je pas en train de me monter le bourrichon ? Non, ce sont des consensus scientifiques prudents qui alertent sur le péril en cours. Ce sont des instances très officielles, pondérées, l’ONU, le GIEC le Haut conseil au Climat en France. Et nous commençons a voir en direct les effets chez nous , canicule, inondations.
La prise de conscience avance certes, mais pas l’action. On peut lire sur une même page de journal une énième alerte de scientifiques sur des points de bascule franchis sur le climat ou l’extinction d’espèce et à coté une publicité séduisante pour un SUV dans une nature immaculée.
Dans le même flash radio se lamenter des émissions de CO2 reparties à la hausse et se réjouir de l’embellie sur les immatriculations.
Nos dirigeants, Macron en tête et le monde économique font mine d’avoir pris conscience et nous vendent la croissance verte, que tout change pour que rien ne change ! Ils déplorent les effets mais chérissent toujours les causes, c’est pure folie !
Ils prétendent avoir de grandes ambitions écologiques mais ne s’en donne pas les moyens. La France signe le CETA, se lance dans la 5G, et globalement aucun changement structurel n’est en cours, ils « gardent le cap » comme ils disent, prônent toujours la croissance économique alors que c’est précisément le problème.
La croissance verte est un raffinement du climatoscepticisme.

J’ai compris qu’il est vital aujourd’hui d’opérer un basculement, un changement radical, rapide, et non pas une molle transition qui prétend concilier développement économique et écologie. Un chiffre, du GIEC, au rythme actuel des émissions de CO2, notre budget carbone pour espérer rester sous les 1,5 deg à la fin du siècle sera épuisé dans 8 ans seulement. Autant dire que l’objectif ne sera pas atteint. Il n’empêche qu’il faut limiter la casse. Il est top tard pour ne pas agir.

La France ne prend pas sa part dans l’effort, elle ne respecte pas l’accord de Paris signé le cœur sur la main. Le Haut Conseil pour le Climat le dit clairement le premier budget carbone (2015-2018) n’a pas été respecté et le prochain ne le sera pas non plus. Les politiques menées ne sont pas à la hauteur.
La situation réclame un effort de guerre, une mobilisation générale pour un objectif commun, ni plus ni moins notre survie à moyen terme. Il faut informer la population, il faut des lois, il faut restructurer l’économie et en démanteler une partie, pour aller vers la sobriété et la résilience. La boussole de l’action publique doit être la réduction des émissions de CO2, 5 % par an, non négociable et le reste doit suivre.
Un formidable changement social est nécessaire pour rendre juste et donc acceptable ces mesures.
C’est l’occasion, un devoir et une nécessité de réduire les inégalités chez nous et avec les pays du sud, les moins responsables et en même temps les plus touchés. Un autre partage des richesses s’impose. Le combat écologique et le combat social sont indissociables.
Cette mobilisation générale viendra d’un mouvement citoyen mais réclame aussi une volonté politique de l’Etat, c’est là qu’on en vient à la nécessité d’interpeler nos responsables qui en l’occurrence sont irresponsables, ils savent, mais n’agissent pas ou pire aggrave le problème. Les mesures prises ne sont pas à la hauteur. L’Etat ne respecte pas ses propres engagements, déjà notoirement insuffisants.
La campagne décrochons Macron a pour but de mettre la pression sur les dirigeants et de faire prendre conscience que nous ne sommes pas du tout sur la bonne voie, qu’il faut se réveiller et ne plus se bercer de leurs paroles rassurantes.

Non, le gouvernement ne traite pas le problème ! Il devrait être un moteur du changement, il est un frein, ce président est en connivence avec les plus riches, les lobbies industriels et financiers, ceux qui sont à la fois, les plus responsables du dérèglement climatique, les moins impactés et ceux qui ont le plus à perdre en revanche avec les mesures de descente énergétique et de partage des richesses. Ils n’ont aucune raison de bouger.

Le sérieux et la responsabilité ont changé de camp : ce sont eux qui désobéissent, ce sont eux qui seront jugés un jour, et non pas pour une réquisition symbolique et non violente mais pour carence fautive, pour crime contre l’avenir. Face aux alertes sociales ils répondent par la répression policière, face aux alertes écologiques ils utilise la justice. Ils n’ont pas compris que cela nous soudent et nous renforcent. Nous avons la légitimité avec nous.

Que nos actions et ce procès qu’ils nous « offrent » soient une goutte de plus pour faire déborder, pour qu’ils sentent notre colère et notre détermination et pour que, plus de citoyens encore, se lèvent, exigent et produisent le basculement nécessaire.

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Mardi 26 novembre 2019, l’ONU met une nouvelle fois en garde : si le monde remet encore à plus tard les actions immédiates et radicales nécessaires pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la catastrophe climatique ne pourra plus être évitée…
Comment ne pas être interpellé.e par ce message, ni être alarmé.e ? Comment ne pas s’inquiéter du futur macabre qui se profile sous nos yeux ?
Je me suis alors demandée : nos dirigeants sont ils.elles inconscient.e.s ? Comment peut-on à ce point ne pas mesurer les conséquences de nos modes de vie, de production, de consommation ? Comment ne pas comprendre la nécessité de protéger les éco-systèmes mourants ainsi que la population comme étant la priorité ?

Je crois pourtant qu’aujourd’hui, en 2019, plus personne ou presque ne peut dire qu’il n’est pas au courant du réchauffement climatique et de la crise écologique actuelle. Les différents rapports du GIEC, mais aussi tous les autres groupements de scientifiques qui publient régulièrement des scénarios catastrophes depuis plus de 40 ans, (devenant de plus en plus dramatiques face à l’inertie et l’inaction généralisée), l’appel des écologistes d’enrayer un changement de cap, et maintenant les jeunes, les gilets jaunes, les retraités…

Par ailleurs, l’état actuel du monde est catastrophique, partout je vois et j’entends des souffrances, de la destruction et la peur de l’avenir. Je suis exténuée d’entendre que tous les jours éclatent de nouveaux scandales économiques, politiques, environnementaux (et j’en passe) en s’additionnant sinistrement entre eux.

Partout en France, et ailleurs, des citoyen.nes se réveillent, eux-aussi, et créent des collectifs, organisent des marches pour le climat, attaque en justice l’état français pour inaction climatique et sociale atteignant plus de 2 millions de signatures (L’Affaire du Siècle), du jamais vu !… Pourtant, le Gouvernement fait mine ne pas entendre les appels des scientifiques, de la population, des victimes de ce système mortifère.
Notre gouvernement continue tranquillement sa direction : en marche vers l’extinction, tant qu’on a du pognon !

Que faire en tant que citoyenne lambda, pour exprimer au Président de la République mes inquiétudes et mes peurs ? Comment contraindre le gouvernement de mon pays à respecter ses propres engagements prononcés lors de la COP 21 ? Le système actuel ne permet pas de pouvoir manifester (sereinement) ni d’être écoutée et considérée, au vue de la répression croissante des principaux opposants au gouvernement, notamment avec les Gilets Jaunes. Prendre en compte l’avis des citoyen.ne.s, autre qu’en mettant un papier dans une urne tous les 5 ans, est une chose inconcevable pour nos représentants politiques.
D’ailleurs, ce système à ses limites à partir du moment où l’élu qui ne respecterait pas ses engagements n’a aucune contrainte effective, aucun contre-pouvoir qui le sommerai de remplir les objectifs fixés, sous peine de sanctions.

Voilà pourquoi j’ai décroché les portraits d’Emmanuel Macron ! Voilà pourquoi, collectivement, nous avons décidé de lui rappeler que les engagements de la France sont en deçà de ce qu’il faudrait faire pour réellement ralentir ce réchauffement et se préparer aux changements à venir. Chaque dixième de degré compte, chaque décision est importante, l’impact en sera d’autant plus catastrophique face à cette paresse générale. Nous sommes donc là pour le lui rappeler !
Emmanuel Macron n’ambitionne pas de prendre des mesures radicales et nécessaires, malgré son surnom international de « champion de la Terre »…Mais il fait des cadeaux fiscaux aux plus riches, autorise encore quelques temps le glyphosate (un drame écologique),détricote notre système de retraite et de santé, veut privatiser la Française des jeux et l’Aéroport de Paris…! Selon lui, peut-être que l’on va changer le système des retraites pour plus d’égalité ? On va détricoter le système santé pour améliorer l’accès aux soins ? On ne va pas financer la transition écologique dans sa totalité car ça couterai trop d’argent ?
Pourtant les solutions existent, il manque juste la volonté de les appliquer.

« Le pognon » pour financer ce changement de cap on sait bien où il est pourtant : dans les mains des plus gros pollueurs, des personnes qui bafouent le droit des salarié.e.s, la dignité des gens, et qui contribuent à la destruction massive de la biodiversité. En France, nous sommes les champions : on a plus de millionnaires et de milliardaires que nulle part ailleurs, mais aussi + de 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté…
Mais plutôt que d’enfermer les réels responsables de l’écocide planétaire et de notre futur compromis par leurs actes, notre Président préfère envoyer des LDB et des grenades de désencerclement sur la population qui manifeste pacifiquement, certain.e.s ayant perdu leur oeil, leur main, en toute impunité policière… Il préfère mener en justice des citoyen.ne.s non-violent.e.s pour essayer d’étouffer toute contestation.
L’argent s’oppose pourtant à la biodiversité qui devrait être la seule valeur rare, parce que notre planète entière est un cadeau du ciel ! La vie est LA première chose à défendre lorsqu’on nait sur cette belle planète Terre, pas nos privilèges ou notre vie de luxe faites de biens de consommations et surtout de déconnexion.
La nature regorge d’espèces de faunes et de flores magnifiques, atypiques, et inter-connectées entre elles formant le tout d’une chaine alimentaire tributaire de notre vie sur Terre. Cette vie est incommensurablement belle, autant qu’elle est fragile. Cette même Terre qui est violée, déracinée, brulée, détruite.. sans ménagements. L’humain agit comme un cancer généralisé. Tout cela dans quel but ? Celui d’enrichir en argent, en pouvoir et en cynisme une minorité, cette oligarchie qui s’est bien installée depuis la Révolution Française et qui est fortement accrochée à ces privilèges ! N’attendez-pas d’elle qu’elle change, elle fera tout pour s’accrocher à ce monde bâti uniquement pour servir ses intérêts !
JE SUIS LA NATURE QUI SE DEFEND ! Je ne renoncerai jamais à construire ce monde meilleur dont je rêve ! J’ai rejoins le milieu associatif et militant, j’ai repris mes études dans le but de mener à bien des projets de développement de liens sociaux et de participation citoyenne. J’ai co-organisé des marches pour le climat, coordonné des événements se sensibilisation ainsi que des actions de terrain souhaitant interpeller l’opinion publique sur l’urgence d’instaurer une justice climatique et sociale.
Et je sais que je ne suis pas seule à essayer d’agir. Partout en France, partout dans le monde les sociétés civiles s’insurgent (Algérie, Chili, Guinée, Liban, Hong-Kong..) et expriment cette évidence devenue enfin consciente : les gouvernements sont les problèmes, et non les détenteurs des solutions !

On m’a toujours dit que je suis jeune, utopiste mais que ça finira par passer. Comme si, quand on devient adulte on devrait se résigner à vivre cette vie subie. Une vie déterminée à travailler, consommer et surtout fermer sa gueule bien sagement ? Je préfère plutôt donner du sens à ma vie et essayer au maximum de vivre en accord avec mes principes.
Doit-on se résigner à vivre cette vie subie lors de notre unique passage sur Terre ? Le but de notre existence est-il de subir notre vie en laissant des personnes qui n’en ont rien à faire de l’humain, ou de la nature qui se meure, et de ses animaux chassés, tués, enfermés ? Jusqu’à quand va t-on laisser ces politiques dicter les lois et les modes de pensées qui nous régissent maintenant et dans notre futur alors qu’on sait qu’ils nous envoient droit dans le mur ?
Je pense au contraire que les utopistes ce sont ceux qui pensent qu’on peut continuer de gaspiller nos ressources planétaires, détruire l’environnement en ignorant les conséquences prochaines ! Que diront-il à leurs enfants ? « Oops, on savait pas, maintenant il va falloir vous adapter, nous on en a bien profité ! » ?

Réveillons-nous et unissons-nous pour le futur de nos enfants, de nos frères et soeurs !
Aujourd’hui, je me sens portée d’une énergie nouvelle, une rage de (sur)vivre qui se transforme en actions concrètes, collectives, constructives et bienveillantes ! Je vois partout autour de moi que je suis loin d’être seule, que de + en + de collectifs se forment et s’organisent, que ce soit pour l’aide aux migrants, aux femmes violentées, construire des jardins partagés et des solutions plus éthiques. D’autres encore se forment pour protéger des espaces naturels voués à être tout bonnement rasés, le tout pour des raisons devenues banales et normales mais tellement immorales. Certains encore voient le jour pour réclamer plus de démocratie et de participation citoyenne dans le débat, à l’instar du mouvement des Gilets Jaunes.
Face à l’inaction climatique et sociale de ce gouvernement cynique, le peuple s’organise, se soulève, réfléchi à trouver des leviers d’action et des solutions. En fait je crois que le message est clair : on ne veut plus de ce système ! Il est néfaste et assis sur des fondements écocidaires et liberticides. Je pense qu’en tant que citoyenne, j’ai autant mon mot à dire que le Président lui-même, ce même président qui n’assume pas du tout sa fonction de protecteur de la population, qui prend même des décisions à contre-courant de ce qu’il faudrai faire ! Nos dirigeants sont irresponsables, je n’ai pas peur de dire que ce sont des enfants qui jouent avec l’avenir du monde, en toute impunité ! Je n’en peux de leur discours sans fond, de leur médisance et de leur mépris du peuple et de la nature ! Je veux plus de démocratie directe.On ne devrait pas avoir à protéger la nature ! C’est grâce à elle que l’on peut respirer, manger, vivre son existence, il en va de soi que je dois la préserver.
Je rêve d’un monde où l’environnement n’aurai plus besoin de protection, où l’Homme vivrait en harmonie avec elle.

Mais avant cela, il va falloir construire ce monde… J’appelle donc mes concitoyen.ne.s à rejoindre les grèves, les manifestations, les mouvements de désobéissance civile, à continuer de décrocher les portraits d’Emmanuel Macron tant que le cap ne sera pas sur une transition écologique et sociale digne d’un futur vivable !

On a besoin de vos généreux dons, même petits :
👉 https://frama.link/decrocheurs33

J’ai 52 ans, trois enfants et j’exerce le métier de chauffeur de bus. Trois éléments essentiels jalonnent mon parcours de citoyen qui mène à cette action de décrochage.
Premièrement, la prise de conscience, ce fut en avril 2014, suite à la vision d’un excellent documentaire (Chasing Ice) qui retrace le travail remarquable de James Balog sur la fonte des glaciers.
Jusqu’à alors, j’entendais des discours et des chiffres, mais la puissance de l’image sur un travail scientifique irréprochable, m’a fait prendre conscience de l’ampleur ainsi que de l’urgence du problème.
Deuxièmement, en tant que citoyen et habitant de cette planète, j’ai une responsabilité individuelle et collective concernant la préservation de cet écosystème, pour nous et les générations futures. Moralement, je ne peux par ma conduite, devenir le complice silencieux d’un crime de l’humanité contre le vivant, tout le vivant!
Troisièmement, la lutte contre tous ceux qui agissent clairement contre la préservation du climat et de la biodiversité et tous ceux qui laissent faire le crime, au mépris de nos intérêts vitaux, est devenue une nécessité impérieuse.
Voilà pourquoi j’ai décroché le portrait du président Macron.

« Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire »
Albert EINSTEIN
Ne laissons plus faire le mal !!!